Appel du Général de Gaulle
- Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des
armées françaises, ont formé un gouvernement.
- Ce gouvernement
alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi
pour cesser le combat.
- Certes, nous avons été, nous sommes
submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
- Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la
tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là
où ils en sont aujourd'hui.
- Mais le dernier mot est-il dit?
L'espérance doit-elle disparaître? La défaite est-elle définitive?
Non!
- Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et
vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous
ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est
pas seule! Elle n'est pas seule! Elle n'est pas seule! Elle a un vaste
Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui
tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser
sans limites l'immense industrie des États-Unis.
- Cette guerre
n'est pas limitée au térritoire malheureux de notre pays.
- Cette
guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une
guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les
souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens
pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force
mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique
supérieure. Le destin du monde est là.
- Moi, général de Gaulle,
actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui
se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver,
avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les
ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en
territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver à se mettre en
rapport avec moi.
- Quoi qu'il arrive, la flamme de la Résistance
française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
- Demain,
comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres.
Appel du Général de Gaulle (18 juin 1940)
Concept & Text: Tony McNeill
The University of Sunderland
Last Update 17-Nov-98